Prendre rendez-vous avec un expert

Mobilité internationale

Métiers en tension : comment faciliter le recrutement d’un salarié étranger ?

Illustration de l'article "Métiers en tension : comment faciliter le recrutement d’un salarié étranger ?"
Bénéficiez d'un accès privilégié aux nouvelles opportunités fiscales à saisir

Notre cabinet met à votre disposition des analyses approfondies sur des sujets stratégiques afin de vous permettre de prendre les bonnes décisions.

Le recrutement international est devenu un enjeu majeur pour de nombreuses entreprises françaises. Dans certains secteurs d’activité, les difficultés de recrutement persistent malgré des campagnes d’embauche répétées. Bâtiment, hôtellerie-restauration, industrie, transport, agriculture ou encore aide à domicile : de nombreux employeurs peinent à trouver les compétences dont ils ont besoin pour assurer leur développement.
Afin de répondre à ces tensions sur le marché du travail, le législateur a progressivement adapté les règles applicables au recrutement de travailleurs étrangers. Parmi les dispositifs mis en place figure celui des métiers en tension, destiné à faciliter, dans certaines situations, le recrutement de salariés étrangers lorsque les entreprises rencontrent des difficultés durables de recrutement.
Cette notion est toutefois souvent source de confusion. Certains employeurs pensent qu’il suffit qu’un métier figure sur la liste des métiers en tension pour pouvoir recruter librement un salarié étranger. D’autres, au contraire, ignorent totalement les avantages que peut offrir ce dispositif.
La réalité est plus nuancée.
Si les métiers en tension permettent effectivement d’assouplir certaines conditions applicables aux demandes d’autorisation de travail, ils ne dispensent pas les entreprises du respect des autres exigences prévues par le Code du travail et le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Qu’appelle-t-on exactement un métier en tension ? Quels avantages ce dispositif présente-t-il pour les employeurs ? Et quelles précautions convient-il de prendre avant d’engager une procédure de recrutement international ?

I – Les métiers en tension : un dispositif destiné à répondre aux besoins du marché du travail

a. Une réponse aux difficultés de recrutement des entreprises

Le marché du travail connaît depuis plusieurs années de profondes évolutions.
Dans certains secteurs, les employeurs rencontrent des difficultés persistantes pour recruter malgré des besoins importants en main-d’œuvre. Les postes proposés restent parfois vacants pendant plusieurs mois faute de candidats disposant des qualifications recherchées ou souhaitant exercer les fonctions concernées.
Face à ce constat, les pouvoirs publics ont identifié certaines professions pour lesquelles les tensions de recrutement apparaissent particulièrement importantes.
Ces professions sont communément désignées sous l’expression « métiers en tension ».
L’objectif poursuivi est clair : permettre aux entreprises confrontées à une pénurie durable de main-d’œuvre de poursuivre leur activité tout en favorisant une immigration professionnelle répondant aux besoins réels de l’économie française.
Le recours au recrutement international ne constitue donc pas une alternative au recrutement local. Il intervient lorsque les entreprises éprouvent des difficultés objectives à recruter sur le marché du travail français.
Cette logique permet de concilier deux impératifs : répondre aux besoins économiques des entreprises tout en préservant les équilibres du marché de l’emploi.

 

b. Une liste régulièrement mise à jour

Contrairement à une idée reçue, un métier ne devient pas définitivement un métier en tension.
La liste est fixée par arrêté ministériel et peut être révisée afin de tenir compte de l’évolution du marché du travail.
Cette actualisation permet d’intégrer de nouvelles professions lorsque les difficultés de recrutement deviennent importantes, mais également de retirer celles pour lesquelles les tensions diminuent.
En pratique, les besoins ne sont pas identiques sur l’ensemble du territoire.
Une profession peut connaître d’importantes difficultés de recrutement dans certaines régions sans pour autant être confrontée aux mêmes difficultés ailleurs.
Les employeurs ont donc tout intérêt à vérifier, avant d’engager leur procédure, que le poste proposé relève bien de la liste applicable au moment du dépôt de leur demande.
Cette vérification constitue une étape essentielle puisqu’elle est susceptible d’avoir des conséquences sur l’instruction de la demande d’autorisation de travail.

II – Quels avantages pour les employeurs ?

b. Une appréciation différente de la situation de l’emploi

En principe, lorsqu’un employeur souhaite recruter un salarié étranger résidant hors de France, l’administration vérifie notamment si le recrutement est compatible avec la situation de l’emploi.
Cette règle, appelée opposabilité de la situation de l’emploi, consiste à apprécier si les besoins de recrutement de l’entreprise pouvaient être satisfaits par un candidat déjà présent sur le marché du travail français.
En pratique, cette appréciation conduit souvent l’employeur à justifier des démarches de recrutement qu’il a préalablement entreprises, notamment auprès de France Travail, dans les conditions prévues par la réglementation.
Lorsque le poste proposé figure parmi les métiers en tension, cette appréciation peut toutefois être écartée dans les cas prévus par les textes.
Autrement dit, l’administration ne fonde plus son analyse sur la possibilité de recruter un candidat disponible sur le marché français, mais concentre son examen sur les autres conditions permettant la délivrance de l’autorisation de travail.
Pour les entreprises confrontées à des difficultés de recrutement persistantes, cette évolution constitue un véritable levier permettant de faciliter certaines procédures de recrutement international.

 

b. Un atout de compétitivité pour les entreprises

Au-delà des assouplissements procéduraux, le dispositif des métiers en tension répond avant tout à une réalité économique. Dans de nombreux secteurs, les difficultés de recrutement constituent aujourd’hui un véritable frein au développement des entreprises.
Faute de personnel disponible, certaines structures sont contraintes de retarder des chantiers, de limiter leur capacité de production, de refuser des commandes ou encore de ralentir leur développement. Dans ce contexte, le recrutement international apparaît comme une solution permettant de répondre à des besoins de main-d’œuvre qui ne peuvent être satisfaits localement.
Les métiers en tension concernent principalement des secteurs fortement exposés à ces difficultés, tels que le bâtiment, l’hôtellerie-restauration, l’industrie, l’agriculture, les transports, l’aide à domicile ou encore certaines professions de santé. Pour les entreprises évoluant dans ces domaines, ce dispositif constitue un véritable outil de gestion des ressources humaines.
Il leur permet d’élargir leur vivier de recrutement en recherchant des compétences au-delà des frontières françaises, tout en bénéficiant, dans certaines situations, d’une procédure administrative simplifiée.
Pour autant, le recours au recrutement international ne doit jamais être considéré comme une solution systématique.
L’objectif poursuivi par le législateur demeure de répondre à des besoins réels de l’économie lorsque les entreprises démontrent des difficultés persistantes à recruter sur le territoire national.
Le dispositif des métiers en tension s’inscrit ainsi dans une logique d’équilibre entre les besoins du marché du travail et les exigences de la politique migratoire française.

III – Les métiers en tension ne dispensent pas du respect des autres conditions légales

a. L’inscription sur la liste ne garantit pas automatiquement l’autorisation de travail

L’un des principaux écueils consiste à penser qu’un métier inscrit sur la liste des métiers en tension ouvre automatiquement droit à une autorisation de travail.
Il n’en est rien.
Si la reconnaissance d’un métier comme étant en tension permet, dans certains cas, d’écarter l’opposabilité de la situation de l’emploi, l’administration continue d’examiner l’ensemble du dossier avant de rendre sa décision.
Les services instructeurs vérifient notamment que le poste proposé correspond effectivement aux fonctions déclarées, que les qualifications ou l’expérience du salarié sont cohérentes avec les missions confiées et que les conditions de rémunération respectent les dispositions légales et conventionnelles applicables.
L’administration s’assure également que l’employeur satisfait à l’ensemble de ses obligations sociales et fiscales et que les conditions d’exercice de l’activité sont conformes à la réglementation.
Autrement dit, le fait qu’un emploi figure parmi les métiers en tension ne constitue qu’un élément de l’appréciation globale du dossier.
Les employeurs doivent donc conserver le même niveau d’exigence dans la préparation de leur demande que pour toute autre procédure d’autorisation de travail.
Une description imprécise du poste, une rémunération insuffisante ou des pièces justificatives incomplètes peuvent conduire à une demande de régularisation, voire à un refus.

 

b. Les bonnes pratiques pour sécuriser son recrutement

Avant toute démarche, plusieurs vérifications permettent de sécuriser le recrutement d’un salarié étranger.
La première consiste naturellement à s’assurer que le poste proposé figure bien sur la liste des métiers en tension applicable au moment du dépôt de la demande.
Cette liste étant susceptible d’évoluer, il est recommandé de ne pas se fonder sur des informations anciennes ou sur des listes non actualisées.
L’employeur doit ensuite veiller à la parfaite cohérence entre le contrat de travail, les missions réellement confiées au salarié et les informations déclarées lors de la demande d’autorisation de travail.
Une attention particulière doit également être portée au niveau de rémunération proposé, qui doit respecter les dispositions prévues par le Code du travail ainsi que les minima conventionnels applicables.
En pratique, il est vivement conseillé d’anticiper l’ensemble de ces vérifications avant même le dépôt du dossier sur la plateforme de l’Administration numérique des étrangers en France (ANEF).
Une préparation rigoureuse permet généralement de limiter les demandes de pièces complémentaires, de réduire les délais d’instruction et de sécuriser le recrutement.

Ce qu’il faut retenir :

Les métiers en tension occupent aujourd’hui une place essentielle dans la politique française d’immigration professionnelle.
En permettant, dans certaines situations, d’écarter l’opposabilité de la situation de l’emploi, ce dispositif facilite le recrutement de travailleurs étrangers dans les secteurs confrontés à une pénurie durable de main-d’œuvre.
Pour autant, cette simplification ne dispense pas les employeurs de satisfaire aux autres conditions exigées pour l’obtention d’une autorisation de travail.
La cohérence du projet de recrutement, le respect des conditions d’emploi ainsi que la qualité du dossier demeurent des éléments déterminants dans l’appréciation de l’administration.
Pour les entreprises, les métiers en tension constituent ainsi un véritable levier de compétitivité, à condition d’être utilisés avec méthode et dans le respect des exigences réglementaires.

Vous avez une question ? Posez là à un expert

Une interrogation ne doit jamais rester sans réponse. Confiez-nous la vôtre : nous vous répondrons rapidement, avec la transparence et la précision qui font notre métier.

Sur la même thématique

Le recrutement international constitue aujourd’hui un enjeu pour de nombreuses entreprises françaises. Face aux difficultés...

Lorsqu’un salarié étranger est déjà présent en France et souhaite changer d’employeur, plusieurs démarches doivent...