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Recrutement international : quelles démarches pour faire venir un salarié étranger en France ?

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Le recrutement international constitue aujourd’hui un levier important pour les entreprises confrontées à des difficultés de recrutement ou à la recherche de compétences spécifiques. Lorsqu’un profil qualifié se trouve hors de France, son embauche peut représenter une véritable opportunité pour l’entreprise.
Toutefois, l’embauche d’un salarié étranger résidant hors de l’Union européenne ne se limite pas à la conclusion d’un contrat de travail. Elle suppose le respect d’un parcours administratif précis, encadré notamment par le Code du travail et le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Entre l’autorisation de travail, la demande de visa long séjour et les formalités à accomplir après l’arrivée en France, chaque étape répond à une finalité propre. L’enjeu est donc d’anticiper cette chronologie afin de sécuriser l’embauche du futur collaborateur et d’éviter tout retard dans sa prise de poste.

I – L’autorisation de travail : une condition préalable à l’embauche.

a. Obtenir l’accord préalable de l’administration.

Lorsqu’une entreprise souhaite recruter un ressortissant étranger résidant hors de France, elle doit, sauf exception prévue par les textes, solliciter une autorisation de travail avant toute prise de fonction.
Cette demande est aujourd’hui réalisée de manière dématérialisée sur la plateforme ANEF. Elle constitue la première étape du parcours administratif permettant au salarié étranger d’exercer une activité professionnelle en France.
À cette occasion, l’administration vérifie plusieurs éléments relatifs à l’emploi proposé. Elle apprécie notamment les conditions de rémunération, la nature du poste, l’adéquation entre les missions confiées et le profil du candidat, ainsi que la situation de l’entreprise employeur.
Dans certaines hypothèses, l’administration peut également examiner la situation de l’emploi. L’employeur doit alors démontrer qu’il n’a pas été en mesure de recruter un candidat déjà présent sur le marché du travail français, notamment après publication préalable de l’offre auprès de France Travail.
Cette exigence n’est toutefois pas systématique, notamment lorsque l’emploi concerné relève d’un métier en tension ou d’un régime particulier.

b. Sécuriser le dépôt du dossier.

En pratique, la qualité du dossier déposé conditionne largement la fluidité de son instruction. Une incohérence dans les informations déclarées, une rémunération insuffisante ou une mauvaise qualification du poste peuvent entraîner des demandes complémentaires et retarder la procédure.
Les pièces à transmettre dépendent de la situation concernée. Dans de nombreux dossiers, les justificatifs principaux portent notamment sur l’identité du salarié, par la communication de son passeport, ainsi que sur la situation sociale de l’entreprise, notamment au moyen de l’attestation URSSAF. Lorsque la demande est réalisée par un tiers ou un service mandaté, un mandat de représentation signé par la société peut également être sollicité.
L’obtention de l’autorisation de travail constitue donc une étape essentielle. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec le droit d’entrer ou de séjourner en France. L’autorisation de travail permet l’exercice d’une activité salariée, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à permettre au salarié étranger de rejoindre le territoire français.

II – Le visa long séjour : l’autorisation d’entrée et de séjour sur le territoire.

a. Une démarche distincte de l’autorisation de travail.

Une fois l’autorisation de travail délivrée, la procédure se poursuit du côté du salarié. Celui-ci doit solliciter un visa long séjour auprès du consulat français compétent dans son pays de résidence.
Cette étape est distincte de la demande d’autorisation de travail. L’autorisation de travail répond à la question de l’exercice de l’activité professionnelle. Le visa, quant à lui, permet au salarié d’entrer régulièrement en France et d’y séjourner pendant la durée prévue.
Cette distinction est essentielle. Une confusion fréquente consiste à penser que l’autorisation de travail suffit à faire venir le salarié en France. En réalité, elle constitue seulement le fondement professionnel de la demande. Le salarié doit ensuite accomplir les démarches consulaires nécessaires afin d’obtenir le visa correspondant à sa situation.
Dans le cadre de cette demande, le salarié devra notamment produire son passeport, l’autorisation de travail délivrée, les justificatifs relatifs à son contrat de travail, ainsi que les documents exigés par les autorités consulaires.

b. Anticiper les délais administratifs.

Les délais de traitement peuvent varier selon les pays, les périodes de l’année et les disponibilités des services consulaires. À cela s’ajoutent les éventuels délais liés à la prise de rendez-vous, à l’examen du dossier et à la délivrance du visa.
En pratique, plusieurs semaines, voire plusieurs mois, peuvent s’écouler entre le dépôt de la demande d’autorisation de travail sur l’ANEF et l’arrivée effective du salarié en France.
Cette réalité doit être intégrée dès le début du processus de recrutement. L’entreprise doit informer le candidat de ces délais et éviter de fixer une date de prise de poste trop rapprochée, au risque de créer un décalage entre les besoins opérationnels de l’employeur et la disponibilité réelle du futur collaborateur.
L’anticipation demeure donc un élément central du recrutement international.

III – L’arrivée en France : les formalités à ne pas négliger.

a. La validation du VLS-TS dans les trois mois.

Une fois le visa accordé, le salarié peut entrer en France et débuter son activité professionnelle dans les conditions prévues par son contrat.
Dans la majorité des situations, il arrive muni d’un visa long séjour valant titre de séjour, appelé VLS-TS. Ce document lui permet de séjourner et de travailler en France pendant sa durée de validité, généralement fixée à douze mois.
Toutefois, l’arrivée sur le territoire ne met pas définitivement fin aux démarches administratives. Le salarié doit obligatoirement valider son VLS-TS en ligne dans les trois mois suivant son arrivée en France.

Cette formalité est indispensable. Elle permet de régulariser pleinement le séjour du salarié sur le territoire français et conditionne la validité effective de son droit au séjour. Elle peut également permettre, selon les situations, le déclenchement d’une convocation auprès de l’Office français de l’immigration et de l’intégration.

L’absence de validation dans le délai requis peut fragiliser la situation administrative du salarié et compliquer la suite de son parcours en France.

b. Préparer la suite du séjour professionnel.

Le VLS-TS constitue la première étape du séjour professionnel du salarié étranger en France. Il ne s’agit pas d’un titre définitif.
Avant son expiration, le salarié devra engager les démarches nécessaires au renouvellement de son droit au séjour afin d’obtenir le titre correspondant à sa situation professionnelle.
Cette étape devra être anticipée avec soin, notamment en raison des délais de traitement qui peuvent varier selon les préfectures et la situation du salarié.
La nature du titre demandé dépendra notamment du contrat de travail, de la durée de l’emploi, du statut du salarié et de l’évolution de sa situation professionnelle en France.

 

Le recrutement d’un salarié étranger repose sur une succession d’étapes administratives complémentaires : obtenir l’autorisation de travail, solliciter le visa long séjour, entrer régulièrement en France puis valider le VLS-TS dans les trois mois suivant l’arrivée.
Chacune de ces étapes poursuit un objectif distinct. L’autorisation de travail permet d’exercer une activité salariée. Le visa permet d’entrer et de séjourner en France. La validation du VLS-TS permet de sécuriser la situation administrative du salarié une fois arrivé sur le territoire.
Pour l’employeur, la maîtrise de cette chronologie est essentielle. Elle permet d’anticiper les délais, de limiter les risques de blocage administratif et de sécuriser l’intégration du futur collaborateur.
Le recrutement international peut ainsi constituer une véritable opportunité pour l’entreprise, à condition d’être préparé avec méthode dès les premières démarches.

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