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Transmission & succession

Faut-il sortir l’immobilier de l’entreprise avant sa transmission ?

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La transmission d’une entreprise comprenant un actif immobilier pose une question structurante : faut-il transmettre ensemble l’activité et les murs, ou organiser leur séparation en amont ? En droit français, aucune règle n’impose d’« externaliser » l’immobilier avant une cession ou une transmission familiale.
Le choix dépend notamment de la forme de l’entreprise, du mode de transmission envisagé, de la volonté de conserver les murs dans le patrimoine familial et du coût fiscal de leur sortie. Une dissociation peut faciliter la transmission de l’activité ou permettre une gestion patrimoniale distincte de l’immobilier. Mais l’opération peut elle-même générer plus-values, droits et contraintes juridiques ou fiscales. Son intérêt doit donc être apprécié à l’échelle de l’ensemble du schéma de transmission.

 

I- Séparer l’immobilier de l’exploitation : un choix patrimonial qui peut faciliter la transmission

a. Conserver les murs ou les transmettre selon un calendrier distinct

Séparer l’immobilier de l’activité permet au dirigeant de ne pas soumettre les murs au même calendrier que la transmission de l’entreprise. L’immeuble peut ainsi être conservé dans le patrimoine familial, notamment afin de maintenir des revenus locatifs après la cession, ou faire l’objet d’une transmission progressive distincte de celle des titres ou du fonds.
La détention au sein d’une société civile peut également faciliter l’organisation de cette transmission, notamment par donation ou démembrement des parts, tout en permettant d’aménager les droits économiques ou de gestion. Cette organisation suppose toutefois que la structure immobilière corresponde à une réalité juridique, économique et patrimoniale suffisamment établie. La cohérence de son fonctionnement, de son financement et de ses relations avec la société d’exploitation doit donc être appréciée dans la durée.

 

b. Alléger l’entreprise transmise et adapter le périmètre aux attentes du repreneur

La présence d’un immeuble dans la société d’exploitation peut alourdir la valeur globale de l’entreprise et accroître le besoin de financement du repreneur. Une séparation préalable des murs peut donc faciliter la transmission lorsque l’acquéreur souhaite reprendre uniquement l’activité, sans immobiliser de capitaux dans l’immobilier.
Le cédant conserve alors l’actif immobilier dans une structure distincte et peut le donner à bail à la société reprise. Cette organisation doit toutefois rester cohérente avec les besoins de l’exploitation. Lorsque les locaux sont indispensables ou fortement spécifiques à l’activité, la sécurité et la pérennité des conditions d’occupation deviennent déterminantes.
L’externalisation de l’immobilier ne constitue donc un avantage que si elle améliore réellement la lisibilité et l’équilibre économique de la transmission.

 

II- Une sortie de l’immobilier à arbitrer au regard de son coût fiscal et de sa substance

a. Mesurer le coût immédiat et les effets fiscaux futurs de la restructuration

Sortir l’immobilier de l’entreprise n’est pas fiscalement neutre. Selon le schéma retenu, l’apport ou la cession de l’immeuble à une SCI, une holding ou une autre structure peut entraîner l’imposition immédiate d’une plus-value ainsi que des droits d’enregistrement.
À ce coût d’entrée s’ajoutent les effets du mode de détention choisi. SCI relevant de l’IR, structure soumise à l’IS ou détention directe n’emportent pas les mêmes conséquences sur l’imposition des loyers, des plus-values futures ou de la transmission des titres.
L’intérêt d’une externalisation doit donc être apprécié globalement, en comparant son coût fiscal immédiat avec les objectifs patrimoniaux poursuivis et les modalités envisagées pour la transmission ultérieure de l’immobilier.

 

b. Sécuriser la cohérence et la justification de l’opération

La séparation de l’immobilier doit s’inscrire dans une logique économique, patrimoniale ou familiale identifiable et cohérente avec l’ensemble de la transmission. Une opération dont la justification repose essentiellement sur la recherche d’un avantage fiscal peut faire l’objet d’un examen renforcé, notamment au regard des articles L. 64 et L. 64 A du LPF.
La vigilance est accrue lorsque le schéma combine plusieurs opérations : constitution ou utilisation d’une SCI, démembrement, réduction de capital, transfert d’actifs ou opérations entre structures liées. Dans ce contexte, la réalité de la société immobilière, son autonomie, la cohérence de son financement, l’existence de loyers adaptés et la régularité de sa gestion participent à la sécurisation du dispositif.
Le calendrier doit également être maîtrisé. La proximité temporelle entre restructuration, donation et cession ne suffit pas, à elle seule, à remettre en cause l’opération. Elle peut néanmoins conduire à examiner plus attentivement la cohérence d’ensemble du schéma, les effets produits par chaque acte et les motifs ayant conduit à leur enchaînement.

 

Sortir l’immobilier avant la transmission n’est pas une fin en soi. Il s’agit d’un arbitrage entre liquidité de l’entreprise, stratégie patrimoniale, coût fiscal et sécurité juridique.
La pertinence du schéma dépend avant tout de sa cohérence d’ensemble, de son anticipation et de la solidité de ses justifications économiques ou familiales. Plus les opérations sont imbriquées, plus leur articulation et leur substance doivent être sécurisées.
Le cabinet Quante accompagne les dirigeants dans ces arbitrages, en mobilisant ses expertises pluridisciplinaires au service d’une transmission cohérente et maîtrisée.

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