Prendre rendez-vous avec un expert

Commissariat aux comptes

L’action des associations de défense des consommateurs 

Bénéficiez d'un accès privilégié aux nouvelles opportunités fiscales à saisir

Notre cabinet met à votre disposition des analyses approfondies sur des sujets stratégiques afin de vous permettre de prendre les bonnes décisions.

Les associations de défense des consommateurs jouent un rôle essentiel dans la protection des droits des consommateurs. Leur action peut se déployer tant devant les juridictions civiles que répressives, en vue de demander des dommages intérêts ou d’obtenir la cessation d’agissements illicites affectant l’intérêt collectif des consommateurs. Cet article explore les bases légales de l’action en réparation des préjudices subis par les consommateurs, les conditions pour obtenir des dommages intérêts, et l’évaluation de ce préjudice.

 

I. Le cadre légal de l’action en réparation

 

Les associations de consommateurs agréées ont un rôle clé dans la protection des droits collectifs des consommateurs. En vertu de l’article L 621-1 du Code de la consommation, elles peuvent saisir les juridictions compétentes pour demander des dommages intérêts en réparation d’un préjudice, qu’il soit direct ou indirect, subi par l’intérêt collectif des consommateurs. Cette possibilité est encadrée par plusieurs conditions strictes.

 

A. L’agrément des associations de consommateurs

 

L’une des premières conditions à remplir pour qu’une association de consommateurs puisse demander des dommages intérêts est son agrément par l’autorité compétente. En effet, seules les associations agréées peuvent exercer cette action collective en justice. De plus, l’association doit être titulaire de cet agrément au moment où le juge statue. La Cour de cassation a précisé dans un arrêt du 6 septembre 2022 (Cass. crim. n° 20-86.225) que la perte de l’agrément avant la décision du juge empêche l’association de poursuivre son action pour obtenir des dommages intérêts.

 

B. L’action civile pour préjudice personnel

 

En plus de l’action en réparation pour le préjudice collectif, les associations peuvent aussi demander des dommages intérêts si elles ont personnellement souffert d’un dommage causé par une infraction. Cette possibilité, fondée sur l’article 2 du Code de procédure pénale, est toutefois exceptionnelle. Par exemple, dans une affaire où une association de consommateurs s’était portée partie civile pour tromperie contre un garagiste, la Cour de cassation a estimé que l’association ne pouvait pas demander de réparation pour un préjudice « associatif » qu’elle n’avait pas directement subi.

 

II. L’évaluation du préjudice et des dommages intérêts

 

L’évaluation du préjudice causé à l’intérêt collectif des consommateurs est une tâche complexe, confiée aux juges du fond. Ces derniers disposent d’une certaine liberté pour apprécier le montant du préjudice, en tenant compte des éléments factuels présentés.

 

A. Les éléments de l’évaluation du préjudice

 

Les juges peuvent se baser sur plusieurs critères pour évaluer le préjudice subi par l’intérêt collectif des consommateurs. Parmi ces éléments, figurent les frais engagés par l’association pour mener son action en justice. La jurisprudence a ainsi pris en compte des frais engagés pour assainir des pratiques commerciales déloyales ou pour compenser les effets de la publicité trompeuse. Par exemple, la Cour d’appel de Paris a estimé, dans un arrêt du 4 juillet 1977, qu’il était légitime de prendre en compte les frais nécessaires pour restaurer la loyauté commerciale ou contrer des pratiques de démarchage abusif.

 

B. L’insuffisance de justification du préjudice

 

Lorsqu’une association ne parvient pas à justifier de manière suffisante le montant du préjudice, les tribunaux ont l’obligation d’évaluer celui-ci en fonction des éléments dont ils disposent. Dans ce cadre, les juges peuvent ordonner des mesures d’instruction pour mieux apprécier l’ampleur du dommage. En aucun cas, ils ne peuvent se contenter d’accorder une indemnité symbolique lorsque le montant du dommage est incertain, comme l’a rappelé la Cour de cassation dans un arrêt du 22 juillet 1986. 

 

L’action des associations de défense des consommateurs est un levier important pour assurer la protection de l’intérêt collectif des consommateurs. En demandant des dommages intérêts et la cessation d’agissements illicites, ces associations permettent d’obtenir réparation pour des préjudices qui affectent un grand nombre de consommateurs. Toutefois, l’obtention de ces dommages intérêts nécessite que l’association soit agréée et qu’elle puisse justifier de manière précise l’existence du préjudice. L’évaluation du préjudice, quant à elle, repose sur des critères factuels et peut faire l’objet de mesures d’instruction afin de garantir une réparation juste et adéquate. 

 

Mon Audit Légal

 

Vous avez une question ? Posez là à un expert

Une interrogation ne doit jamais rester sans réponse. Confiez-nous la vôtre : nous vous répondrons rapidement, avec la transparence et la précision qui font notre métier.

Sur la même thématique

L’audit légal s’inscrit en droit français dans une mission d’intérêt public : au-delà de la...

La directive CSRD, transposée notamment par l’ordonnance n° 2023-1142 du 6 décembre 2023, remplace la...

Les opérations de haut de bilan – constitution, augmentations et réductions de capital, fusions, scissions,...